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12ème DIMANCHE ORDINAIRE

Mgr Stanislas JEZ

23 juin 2024

Quel est cet homme à qui la mer et le vent obéissent ?
Tant de souffrances, tant de drame, Seigneur, et ça ne te fais rien ?
Dieu, es-tu un Dieu endormi, indifférent ou impuissant ?
Vous avais je promis la Croix où le confort tousalon ?
Vous ne passerez pas à coté de la croix, mais, je serai, moi, à vos coté !
N’oubliez pas que la vie n’est pas encore la vie !

On raconte dans la Bible, que le prophète Elie jeta un défit aux prêtres de Baal sur le mont Carmel : » Mettez sur un autel un taurillon et mettez vous en prière et on verra si votre dieu viendra mettre le feu à votre sacrifice.
Et tandis que les prêtres de Baal faisaient vainement danses et contorsion, Elie ironisait : » Criez plus fort, votre dieu doit être très occupé. Il a dû s’absenter, peut-être qu’il dort et qu’il faut qu’on le réveille…
Cette année, c’est l’anniversaire du Débarquement en Normandie. Pendant le débarquement, un grand officier allemand regardant son ceinturon sur lequel était écrit : « Gott mit uns- Dieu avec nous » s’écria : » Dieu, mais où est-il donc celui-là, »
Nous aussi, quand nous traversons une forte turbulence, nous sommes terriblement impressionnés par le silence apparent de Dieu, ou le pourquoi de ce silence quand notre foi est forte !
Alors, relisons l’Evangile du jour. Ce jour là donc, Jésus est fatigué, il a parlé toute la journée.
Jésus est monté dan une barque et peut s’éloigner en douceur de la foule harassante.
A peine monté dans la barque, il s’est placé à l’arrière et il s’est endormi.
Les apôtres s’en réjouissent au début : le pauvre, il est à bout. Ils rament en douceur et parlent à voix basse ;
Et voilà que tout à coup une violente et soudaine tempête se lève, comme il en surgit sur les lacs bordés de montagnes ! C’est sérieux, l’eau commence à remplir la barque, les apôtres sont verts de peur, tandis que Jésus, lui, dort.
Ils le réveillent brutalement avec cette phrase admirable : nous sommes perdus, et cela ne te fait rien ! Nous allons mourir et c’est tout ce que cela te fait !
Avec la même sérénité qui l’accompagnait dans son sommeil, Jésus s’est levé et d’une voix qui a l’assurance et la certitude d’être entendue, il dit à la mer » Assez ! silence, tais toi ! »
Et sobrement, l’Evangéliste se contente de dire : »il se fit un grand calme ! »
La crainte de la mort est alors remplacée par une autre crainte, plus grande encore, mais qu’est ce donc que cet homme incroyable à qui la mer et le vent obéissent ?
Quel chrétien, le plus assuré dans sa foi, quel prêtre, quel évêque n’a pas dit un jour à Dieu cette phrase de détresse : »Seigneur, tu vois tout ce qui se passe et cela ne te fait rien ! »
Déjà au moment où l’Evangile était écrit, les chrétiens étaient persécutés. Les chrétiens et même les mystiques de tous les temps, dans leurs épreuves n’ont pas manqué de se demander bien des fois si le Seigneur ne s’était pas endormi dans la quiétude de son bonheur céleste, laissant les hommes à leurs problèmes.
Où étiez vous Seigneur, demandait Ste Catherine de Sienne à Jésus, quand son cœur était tourmenté par tant de turpitudes. J’étais dans ton cœur.
Qui n’a pas eut envie un jour où l’autre de crier à Dieu : Et cela ne te fais rien ?
Et voilà qu’à toutes nos interrogations, Tu réponds sereinement, calmement : pourquoi avez-vous peur, vous n’avez donc pas la Foi ? N’ai-je pas passé, moi, par la tempête de la passion, par le sommeil du tombeau, avant de surgir ressuscité et bien vivant ?
Vous ai-je jamais dit que la vie était un long fleuve tranquille ?
Ais-je promis aux chrétiens une assurance tout risque contre les aléas de la vie, une installation bourgeoise au Club Med auquel cas tout le monde serait chrétien pour obtenir un certificat de bonheur.
Je croyais avoir parlé, au contraire, de la voie étroite qui conduit à la vie ?
Vous ai-je dit que j’était venu mettre le confort Tousalon sur la terre ?
Je croyais avoir parlé, au contraire, du feu ardent de l’amour qui va au besoin jusqu’à la mort ?
Vous ai-je promis d’échapper aux persécutions ?
Je croyais vous avoir garanti simplement l’assistance de l’Esprit qui dans ces moments terribles vous donnerait la force et l’à propos des bonnes réponses !!
Songez à Jeanne d’Arc devant ses juges, à Bernadette, l’ignorante, clouant le bec au Commissaire Jacomet : « il tremblait, disait-elle amusée, il avait à sa calotte un gland qui faisait tintin »
A Bernadette, toujours, à qui Marie disait : je ne vous promet pas de vous rendre heureuse dans ce monde. Et Dieu sait si sa vie illuminée par la vision de Massabielle, fut pourtant un calvaire.
Vous ai-je jamais promis le bonheur facile ?
Je croyais avoir dit : » Heureux les pauvres, les affligés, les persécutés pour la justice ?
Vous ai-je promis des visites réconfortantes au cours de jolies apparitions ?
Je croyais avoir dit : » Je m’en vais, vous ne me reverrez plus mais je resterai avec vous jusqu’à la fin des temps.
Ainsi, les tempêtes, rassurez-vous, vous les aurez, vous ne passerez pas sur les rives de l’Eternité sans essuyer les vagues de la souffrance. Vous ne passerez pas à côté de la croix.


Mais vous savez :
Que je suis à vos côtés, invisible (et en ce sens vous donnant l’impression de dormir) mais présent avec vous ou souffrant avec vous et en vous, n’enlevant pas certes, vos difficultés mais vous donnant de l’intérieur, la force de les porter.
Là où le mal abonde, ma grâce surabonde.
Je crois que toute ma vie vous a montré que la condition humaine ne me laisse pas indifférent.
Le bonheur, je vous le promets. Je suis le maître des vents, je suis le maître de la vie et la mort, je l’ai vaincue. Mais vous l’oubliez trop souvent.
Je vous permettrai d’accoster au port de l’éternité, là où l’amour fait la fête avec joie et pour toujours !

Redisons Lui donc encore et encore
JESUS J’AI CONFIANCE EN TOI

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