28ème Dimanche Ordinaire année C

Mgr Stanislas JEZ

Souvent, comme les lépreux , il faut savoir crier vers Dieu

28ème Dimanche ordinaire
Année C

La lèpre, c’est quelque chose de plus qu’une simple maladie. La lèpre signifie l’isolement, la marginalisation de l’homme par rapport à la société. La lèpre fait peur. Elle est symbole de souffrances dont celle du rejet par les autres. Etre lépreux c’est être quelqu’un qu’on doit éviter, être quelqu’un qui fait peur. C’est quelqu’un qu’on tient à distance. On peut rapporter cette réflexion à chacun de nous de deux façons.
La première : est-ce que quelqu’un n’est pas devenu un lépreux à cause de moi, rejeté injustement ?
La deuxième : est-ce que moi-même je ne me sens pas comme un lépreux ? A cause de quelqu’un ou de quelque chose ?
Quelles sont les raisons qui provoquent un sentiment qui me dévalorise ? Peut-être les autres ou moi-même, pensent que je suis un lépreux. Je me suis peut-être enfermé dans la culpabilité dans laquelle je vis avec une image négative de moi-même.
Cela vaut le coup de parler de tout cela avec Jésus.
La lèpre peut être tout simplement le symbole du péché. Comme nous le savons la lèpre attaque certaines parties du corps. Les endroits malades perdent d’abord la sensibilité, puis le corps pourrit. Cette image correspond aussi à la vérité spirituelle. Des péchés souvent répétés conduisent à l’insensibilité de la conscience. Je ne sens plus que je fais quelque chose de mal.
Dans d’autres domaines de la vie, on peut rester quelqu’un de bien, de sensible, même prêt au sacrifice. Mais là où règne le péché, l’insensibilité règne aussi.
Est-ce que du point de vue spirituel, il y a en moi des zones où j’ai perdu la notion du mal.
« Jésus, Maître, prends pitié de nous. »
Nous cherchons notre secours auprès de Jésus. Ce n’est plus une simple demande dans l’Evangile mais un cri pour être libéré de la solitude, du péché.
Souvent dans la vie, il faut crier vers Jésus.
La réponse de Jésus semble être banale : « Allez-vous montrer aux prêtres. » Dans l’Ancien Testament, c’est au prêtre de reconnaître si quelqu’un est ou non lépreux.
En réalité que veut nous dire Jésus ? : »va te confesser. Si tu trouves le chemin de l’Eglise, tu verras en route que tu es guéri. »
« L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à pleine voix. »
Est-ce que les autres n’ont pas vu ce miracle ? Souvent l’action de Dieu est discrète ! Et on peut ne pas la remarquer. C’est la Foi qui nous aide à voir et rendre grâce à Dieu.
Celui qui voit, comme le dit l’Evangile, « glorifie Dieu à pleine voix ». Il est important pas seulement de crier et de s’adresser au Seigneur quand on a des difficultés mais aussi de Le remercier. C’est pour cela que Jésus dit « Relèves toi et va, ta Foi t’a sauvé. »
Il était déjà purifié de la lèpre. Mais Jésus veut dire qu’il y a une guérison plus profonde. Il n’y a qu’un lépreux qui revient vers Jésus. Celui qui a compris que ce n’est pas seulement la libération de la maladie qui est importante mais aussi la libération du péché.
Le Salut, c’est d’entrer en relation avec Celui qui a donné la santé, il revient pour remercier de cela, mais il revient aussi pour tout simplement être avec Jésus, pour marcher avec lui, comme Il le propose.
Quelle est mon attitude ?