5ème dimanche du temps ordinaire (C)

Mgr Stanislas Jez

5 févr. 2022

Beaucoup de gens jugent que la rencontre avec Dieu serait un moment extraordinairement heureux.
Aujourd’hui on parle volontiers de la bonté, de la clémence et de la Miséricorde de Dieu en oubliant complètement sa sainteté.
Cependant la bonté de Dieu est une sainte bonté et la Miséricorde de Dieu, une sainte miséricorde.
Et cette vérité on ne peut pas l’oublier. Car celui qui l’oublie est en train de se créer une image de Dieu à sa ressemblance !
Isaïe dans sa rencontre avec Dieu prend surtout conscience de la sainteté de Dieu et par conséquent de sa propre peccabilité, de sa nature pécheresse.
Il rapporte : » Des séraphins se tenaient au dessus de lui. Ils se criaient l’un à l’autre : Saint, saint, saint, le Seigneur de l’Univers. Toute la terre est remplie de sa gloire !
Je dis alors « Malheur à moi ! Je suis perdu, je suis un homme aux lèvres impures ; j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers.
Isaîe à la suite de sa rencontre avec la sainteté de Dieu, ne se voit plus une chance de vie, de vraie vie !
Il est effrayé par sa peccabilité et c’est seulement après la purification de ses lèvres par l’archange qu’il peut continuer le dialogue avec Dieu et accepter la mission qui lui est confiée.
Une rencontre avec Dieu, ce sera une rencontre seul à seul avec la lumière qui va irradier toute notre vie depuis notre naissance jusqu’à notre dernier souffle. Elle nous montrera toutes les splendeurs de notre vie, mais aussi toutes les ombres, toutes les bonnes et les mauvaises actions.
Cette lumière va pénétrer notre cœur, nos pensées , nos désirs, notre imagination. Nous nous présenterons nous-mêmes en vérité.
Personne parmi nous ne pourra rien cacher. Ce n’est pas Dieu qui va nous juger, nous condamner.

Le prophète Isaïe nous dit que c’est nous-mêmes qui nous indiquerons notre propre condamnation « Malheur à moi, je suis perdu »
Un évènement du même ordre a violemment secoué la vie de Pierre quand il a vu la pêche miraculeuse : « A cette vue, Simon Pierre tomba qux genoux de Jésus en disant : Eloigne toi de moi Seigneur car je suis un homme pécheur ». Il a rencontré la puissance et la bonté de Jésus, mais en même temps il a réalisé sa peccabilité.
Il ne faut pas oublier qu’avant de voir la bonté, la clémence et la miséricorde de Dieu, nous allons éprouver sa sainteté et en même temps nos péchés.
Cette sainteté de Dieu nous encourage à faire des efforts pour vivre dans son amitié, éviter le mal, le péché et utiliser tous les moyens pour vivre en sa présence et qu’Il nous partage sa sainteté que nous ne pouvons acquérir par nos propres moyens.
La sainteté de Dieu nous invite tout le temps à nous purifier et nous libérer de ce qui diminue en nous notre dignité d’enfant de Dieu.
La miséricorde de Dieu est sainte. Elle ne condamne personne mais nous révèle la vérité, notre vérité. Le jour du jugement c’est nous qui livrerons un juste jugement.
Un chrétien ne peut pas oublier que Dieu est saint et que notre sainteté ne peut venir que de lui après nous être purifié de nos péchés.