XXIVème DIMANCHE ORDINAIRE

Mgr Stanislas JEZ

11 sept. 2022

Dieu est miséricorde

Jésus raconte trois paraboles pour nous montrer avec insistance combien Dieu est bonté et miséricorde.
Car si Dieu n’aime pas le péché, il aime le pécheur.
Quand nos bibles (actuelles disent que Dieu est miséricorde, le mot recouvre en fait 3 mots hébreux, riches d’une triple nuance
- Dieu est condescendance
- Dieu est bonté active
- Dieu est tendresse
- Permettez que je médite avec vous la parabole de l’Enfant Prodigue, en réalité la parabole de la miséricorde du Père, à l’égard de ses deux fils.
Dans cette parabole, ce qui est à découvrir, c’est justement le Père, vu par Jésus.
Comme il était encore loin, son père l’aperçut ! le Père guettait.
Il ne se demandait pas ce qu’il dirait ou ferait, il pensait seulement :
S’i allait apparaître :
Dés qu’il le voit, il est saisi aux entrailles, bouleversé de pitié et d’amour.
Il court (ça ne se fait pas ! Pour un oriental, courir est un manque de dignité)
Il le couvre de baisers (peut-on mieux dire : je te pardonne ?
Il n’écoute pas les excuses, il est bien trop pressé de faire éclater la joie et la fête.
Vite des vêtements, vite le veau gras !
Mon fils était perdu, il est retrouvé.
C’est bien l’étonnante révélation que Jésus veut nous faire : combien nous sommes aimés !
Qu’est ce que nos sottises et même nos crimes devant cet élan : Il est retrouvé ;
Si nous osions d’avantage le croire, quelle serait notre relation d’amour avec le Père !
Pourquoi est ce si difficile de se voir aimé par Dieu ?
N’est ce pas à cause de cette difficulté que, si longuement Jésus nous présente le fils aimé.
Il a du imaginer cette parabole après avoir entendu les récriminations (des docteurs de la Loi) devant son attitude : Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, il mange même avec eux !
Exactement : la grogne du fils ainé. Au lieu de se réjouir, il proteste, il est scandalisé. Hélas, nous sommes tant de fois aussi butée, aussi fermés à l’amour ! Nous jugeons au lieu d’ouvrir nos bras :
Mais alors, comment ouvrir les bras ? Comment imiter le père de la parabole dans sa manière totalement folle d’accueillir ce petit voyou qui revient parce qu’il a faim ?
Le mouvement du père est d’abord l’amour ;
Nous voulons être justes. Nous pensons d’abord à juger, à faire les remarques nécessaires, à délimiter le mal, à voir c qui reste acceptable.
Quand tout sera bien clair, bien réparé, on pourra aimer.
Neuf fois sur dix c’est raté. Jésus l’a constaté en observant les réels efforts des justes de son temps, pharisiens et scribes.
Partout de la justice . Ils n’arrivent pas jusqu’à la miséricorde, jusqu’à l’amour. Jésus nous dit que personne n’est rejeté, que Dieu est bien le père de la parabole
Dans sa miséricorde, Dieu nous cherche à chaque instant de notre vie.
Quelle attitude avant nous en face de cette recherche ?
Celle de l’enfant prodigue qui tombe en pleurant dans ses bras et qui se laisse pardonner ?
Ou celle du fils ainé qui se raidit dans sa jalousie et son orgueil ?
Pourtant comme elle est douce la béatitude proclamée par Jésus dans son sermon sur la montagne
« Bienheureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde. »
Amen